L'activité se déroule en deux phases individuelles suivies d'une discussion collective.
Phase 1 : Dans ma tête
Chaque participant·e reçoit une série de cartes contenant différentes affirmations.
Pour chaque carte, il ou elle doit se demander :
Quel est le statut de cette affirmation dans ma mémoire ?
Les cartes sont alors classées sur une feuille « Dans ma tête » selon plusieurs catégories :
je pense le savoir ;
je le crois ;
c'est mon opinion ;
je ne sais pas ;
je n'ai pas d'avis.
L'objectif n'est pas de déterminer si l'affirmation est vraie ou fausse, mais d'identifier la manière dont elle est représentée dans sa propre mémoire.
Phase 2 : D'où cela vient-il ?
Chaque participant·e conserve uniquement les cartes correspondant à ses propres connaissances, croyances ou opinions.
Ces cartes sont ensuite reclassées sur le verso de la feuille « Dans ma tête » selon leur provenance supposée :
expérience personnelle ;
enseignement scolaire ;
médias ;
proches ;
livres ;
réseaux sociaux ;
experts ;
culture générale ;
autre source.
Une mise en commun permet ensuite de comparer les classements et les interprétations.
Explication de l'activité
Notre mémoire contient des connaissances de natures très différentes.
Certaines informations reposent sur :
des observations répétées ;
des apprentissages scolaires ;
des résultats scientifiques ;
des sources jugées fiables.
D'autres reposent davantage sur :
des intuitions ;
des témoignages ;
des expériences personnelles ;
des habitudes culturelles ;
des informations peu vérifiées.
Nous ne faisons pas toujours clairement la distinction entre ce que nous savons, ce que nous croyons savoir et ce que nous pensons.
L'activité permet de prendre conscience que les contenus présents en mémoire possèdent des niveaux de justification très différents.
Elle montre également que deux personnes peuvent attribuer un statut différent à une même affirmation.
Humilité intellectuelle
Posséder des connaissances solides ne signifie pas être à l'abri de l'erreur.
Même lorsqu'une personne maîtrise un domaine :
elle peut oublier ;
elle peut se tromper ;
elle peut mal interpréter une situation ;
elle peut commettre une erreur d'inattention.
L'humilité intellectuelle consiste à reconnaître cette possibilité d'erreur et à accepter de remettre en question ses propres connaissances lorsque de nouvelles informations apparaissent.
Cette attitude ne consiste pas à douter de tout, mais à adapter son degré de confiance à la qualité des preuves disponibles.
Discussion collective
La mise en commun permet d'aborder plusieurs questions :
Comment sait-on que quelque chose est vrai ?
Peut-on avoir une opinion sur un sujet que l'on connaît peu ?
Toutes les croyances se valent-elles ?
Comment reconnaître une source fiable ?
Pourquoi des personnes raisonnables peuvent-elles avoir des avis différents ?
La réflexion peut également conduire à distinguer les connaissances individuelles des savoirs construits collectivement par les communautés scientifiques, professionnelles ou techniques.